Salmis de palombes : recette savoureuse pour gourmets

Salmis de palombes : recette savoureuse pour gourmets

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Rédigé par Ermont

15 octobre 2025

Plat emblématique de nos terroirs et des tables d’automne, le salmis de palombes est bien plus qu’une simple recette. C’est un véritable monument de la gastronomie cynégétique, une ode aux saveurs puissantes et complexes du gibier. Le secret de ce plat réside dans sa double cuisson, une technique ancestrale qui permet de révéler toute la finesse de la chair de l’oiseau bleu. D’abord rôties pour saisir les chairs et concentrer les arômes, les palombes sont ensuite longuement mijotées dans une sauce divine, onctueuse et profonde, liée avec les abats les plus nobles de la bête. Ce plat, qui fleure bon les sous-bois et les feux de cheminée, peut sembler intimidant. Pourtant, avec un peu de patience et les bons gestes, que nous allons vous détailler pas à pas, vous allez pouvoir inscrire ce chef-d’œuvre à votre répertoire. Préparez-vous à un voyage gustatif inoubliable au cœur de la tradition culinaire française, où chaque bouchée raconte une histoire de patience, de nature et de gourmandise.

30 minutes

110 minutes

moyen

€€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

Étape 1

Commencez par la réhydratation des cèpes. Plongez-les dans un bol d’eau tiède pendant au moins trente minutes. Une fois qu’ils sont bien souples, égouttez-les en conservant précieusement leur eau de trempage, qui est un véritable concentré de saveurs. Filtrez cette eau pour en retirer les éventuelles impuretés et réservez-la.

Étape 2

Préchauffez votre four à 200°C (thermostat 6-7). Salez et poivrez généreusement l’intérieur et l’extérieur des palombes. Dans une grande cocotte en fonte allant au four, faites fondre la graisse de canard. Faites-y dorer les palombes sur toutes leurs faces jusqu’à obtenir une belle coloration. Cette étape est cruciale pour former une croûte qui retiendra les sucs à l’intérieur de la viande. Enfournez ensuite la cocotte à découvert pour 15 à 20 minutes de rôtissage.

Étape 3

Pendant que les palombes rôtissent, préparez les croûtons. Coupez chaque tranche de pain de mie en quatre triangles. Dans une poêle, faites chauffer l’huile d’olive et faites-y dorer les triangles de pain des deux côtés jusqu’à ce qu’ils soient bien croustillants. Réservez-les sur du papier absorbant.

Étape 4

Une fois les palombes rôties, sortez-les de la cocotte et laissez-les tiédir sur une planche à découper. Conservez bien la cocotte avec ses sucs de cuisson. Découpez délicatement les cuisses et les suprêmes (les filets de la poitrine) des palombes. Réservez ces morceaux de viande. Concassez grossièrement les carcasses restantes.

Étape 5

Remettez la cocotte sur feu moyen. Jetez-y les carcasses concassées et faites-les revenir quelques instants. Ajoutez les lardons, les oignons grelots égouttés et les rondelles de carottes. Laissez suer le tout pendant cinq minutes, en grattant bien le fond de la cocotte pour décoller tous les sucs. C’est le secret d’une sauce riche en goût.

Étape 6

Saupoudrez la farine sur le contenu de la cocotte. C’est ce que l’on appelle singer. Remuez bien avec une cuillère en bois pendant une minute pour cuire légèrement la farine et éviter le goût farineux. Versez ensuite l’Armagnac et faites flamber avec précaution (hors de la hotte et en vous éloignant). Une fois les flammes éteintes, versez le vin rouge pour déglacer, c’est-à-dire dissoudre tous les sucs caramélisés au fond de la cocotte.

Étape 7

Ajoutez le bouquet garni, l’ail en poudre, le fond de veau dilué dans 25 cl d’eau chaude, ainsi que l’eau de trempage des cèpes filtrée. Salez et poivrez modérément. Portez à frémissement, puis baissez le feu au minimum, couvrez et laissez mijoter doucement pendant une bonne heure. La sauce doit réduire et s’épaissir tranquillement.

Étape 8

Pendant ce temps, hachez très finement au couteau les foies et les cœurs des palombes que vous aviez réservés. Dans un petit bol, écrasez-les avec une fourchette pour obtenir une sorte de pâte.

Étape 9

Au bout d’une heure de mijotage, filtrez la sauce à l’aide d’un chinois en pressant bien sur les carcasses pour en extraire tout le jus. Jetez les carcasses et la garniture. Remettez la sauce filtrée dans la cocotte propre. Incorporez-y la purée de foies et de cœurs. C’est la liaison qui va donner au salmis son onctuosité et sa saveur incomparable. Ne faites plus bouillir la sauce, réchauffez-la simplement à feu très doux.

Étape 10

Ajoutez les morceaux de palombes (cuisses et suprêmes) et les cèpes réhydratés dans la sauce chaude. Laissez réchauffer le tout pendant une dizaine de minutes, sans ébullition, pour que les viandes s’imprègnent bien de la sauce. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire. Servez le salmis bien chaud, accompagné des croûtons dorés.

Ermont

Mon astuce de chef

Pour une sauce encore plus veloutée et gourmande, vous pouvez ajouter un carré de chocolat noir (à 70% de cacao minimum) en même temps que la liaison aux foies. Il fondra doucement et apportera une amertume subtile et une profondeur supplémentaire qui se marient à merveille avec le goût puissant du gibier.

Accords mets et vins

Le salmis de palombes, avec son caractère puissant et ses saveurs de sous-bois, appelle un vin à sa mesure. Le choix naturel se porte sur les vins rouges du Sud-Ouest, la région d’origine de ce plat majestueux. Un Madiran, avec ses tanins présents mais soyeux et ses notes de fruits noirs, sera un partenaire idéal. Un Cahors, issu du cépage malbec, offrira également une belle structure et une complexité aromatique capable de soutenir la richesse du plat. Pour rester dans le même registre, un grand vin de Bordeaux, comme un Saint-Émilion ou un Pomerol ayant quelques années de garde, créera un accord d’une rare élégance.

En savoir plus sur le salmis

Le terme « salmis » vient de l’ancien français « salmigondis », qui désignait un ragoût hétéroclite. En haute cuisine, la technique du salmis s’est codifiée pour devenir une préparation noble réservée au gibier à plumes (palombe, bécasse, faisan) ou à poil (lièvre). Sa particularité, qui en fait un plat d’exception, est sa cuisson en deux temps. La pièce de gibier est d’abord rôtie pour concentrer les saveurs, puis découpée et longuement mijotée dans une sauce corsée. La touche finale, la signature du vrai salmis, est la liaison de la sauce avec les abats (foie, cœur) et parfois le sang de l’animal. Cette étape donne au plat une onctuosité et une profondeur aromatique inimitables, faisant du salmis un sommet de l’art culinaire français lié aux traditions de la chasse.

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