Voyage culinaire au cœur de la Bretagne, le far breton est bien plus qu’un simple dessert. C’est un pan du patrimoine gastronomique régional, une douceur réconfortante qui évoque les repas de famille et le savoir-faire des grands-mères. Souvent comparé à un flan ou à un clafoutis, il s’en distingue par sa texture unique, à la fois dense, fondante et légèrement élastique. Sa préparation, d’une simplicité désarmante, cache en réalité quelques secrets qui font toute la différence entre un bon far et un far inoubliable. Oubliez les versions compactes et sans âme, nous vous livrons aujourd’hui la recette authentique et inratable pour réaliser un far breton savoureux, généreusement garni de pruneaux moelleux. Enfilez votre tablier, nous partons pour la Bretagne !
15 minutes
45 minutes
facile
€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
Étape 1
Commencez par la préparation des pruneaux, qui est une étape clé pour obtenir un fruit bien moelleux et parfumé. Dans une petite casserole, faites chauffer très légèrement le rhum ambré sans le porter à ébullition. Versez-le ensuite sur les pruneaux dénoyautés placés dans un bol. Laissez-les macérer ainsi pendant que vous préparez le reste de la recette. Cette infusion va permettre aux pruneaux de se gorger d’alcool, de se réhydrater et de libérer tous leurs arômes pendant la cuisson. Pendant ce temps, préchauffez votre four à 180°C (thermostat 6) en mode chaleur statique de préférence, pour une cuisson douce et homogène.
Étape 2
Dans un grand saladier, versez la farine, le sucre en poudre et la pincée de sel fin. Mélangez ces poudres à l’aide de votre fouet pour bien les aérer et les répartir. C’est ce qu’on appelle le mélange des ingrédients secs. Ensuite, formez un puits au centre, c’est-à-dire un creux avec vos doigts ou une cuillère. Cassez les quatre œufs entiers dans ce puits. Avec le fouet, commencez à mélanger les œufs en incorporant petit à petit la farine des bords vers le centre. Allez-y doucement au début pour obtenir une pâte épaisse et homogène, sans grumeaux.
Étape 3
Une fois que votre pâte est bien lisse, il est temps d’incorporer le lait. C’est une étape délicate. Pour éviter la formation de grumeaux, versez le lait entier très progressivement, en un mince filet, tout en continuant de fouetter énergiquement. Votre pâte va se liquéfier petit à petit. Continuez jusqu’à épuisement du litre de lait. Vous obtiendrez alors un appareil, terme culinaire désignant un mélange liquide prêt à cuire, qui doit avoir la consistance d’une pâte à crêpes un peu épaisse. Terminez en ajoutant l’extrait de vanille liquide et le rhum qui a servi à la macération des pruneaux.
Étape 4
Prenez votre moule ou votre plat en céramique. À l’aide d’un morceau de papier absorbant ou de vos doigts, beurrez-le très généreusement avec le beurre demi-sel, en insistant bien sur le fond et les parois. Cette opération n’est pas seulement pour empêcher le far de coller, le beurre salé va légèrement caraméliser à la cuisson et apporter une saveur incomparable. Répartissez ensuite harmonieusement les pruneaux égouttés au fond du plat. Versez délicatement l’appareil à far par-dessus les pruneaux.
Étape 5
Enfournez votre plat à mi-hauteur dans le four préchauffé. Laissez cuire pendant environ 45 à 50 minutes. Le temps de cuisson peut varier légèrement selon votre four. Le far est cuit lorsque le dessus est joliment doré et que les bords se détachent légèrement du plat. Pour vérifier la cuisson à cœur, plantez la lame d’un couteau au centre : elle doit ressortir propre et sèche. Une fois cuit, sortez le far du four et laissez-le tiédir sur une grille avant de le déguster. Il va légèrement retomber en refroidissant, c’est tout à fait normal.
Mon astuce de chef
Le secret d’un far breton à la texture parfaite réside dans le repos de la pâte. Une fois votre appareil préparé, couvrez le saladier d’un film alimentaire ou d’un torchon propre et laissez-le reposer à température ambiante pendant au moins une heure, voire deux. Ce temps de repos permet à l’amidon contenu dans la farine de gonfler et de s’hydrater complètement. Résultat : une texture beaucoup plus lisse, souple et fondante après cuisson, et un risque de grumeaux quasi nul. C’est une petite attente qui transforme véritablement votre dessert.
L’accord parfait : quelle boisson pour accompagner le far breton ?
Pour rester dans la plus pure tradition bretonne, servez ce dessert avec une bolée de cidre brut ou doux. La fraîcheur et les fines bulles du cidre brut apporteront un contraste intéressant avec la texture dense et sucrée du far. Un cidre doux, plus sucré et fruité, soulignera quant à lui la gourmandise des pruneaux. Pour une option sans alcool, un jus de pomme artisanal de qualité sera un excellent choix, rappelant les saveurs du terroir. Enfin, pour le goûter, une tasse de thé noir fumé ou un café léger s’accorderont également très bien avec cette douceur réconfortante.
Le far breton, ou farz forn en langue bretonne (littéralement « far au four »), puise ses origines dans une histoire humble et paysanne. Avant de devenir le dessert que nous connaissons, le « farz » était une sorte de bouillie épaisse à base de farine de sarrasin, servie en accompagnement de plats salés comme le fameux kig ha farz. Il était cuit dans un sac de toile plongé dans le bouillon de la viande. Ce n’est qu’au cours du XIXe siècle que la recette a évolué, s’enrichissant de farine de froment, de sucre, d’œufs et de lait pour devenir une préparation sucrée cuite au four. L’ajout des pruneaux, bien qu’ils ne soient pas produits en Bretagne, est devenu emblématique. Ces fruits séchés, arrivant par bateau dans les ports bretons, étaient une denrée facile à conserver et apportaient une touche de luxe et de gourmandise à ce plat rustique.
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